INTERVIEW

Djoko, l’impact de son mental dans l’esport (partie-1)

Djoko, l’impact de son mental dans l’esport (partie-1)

Bonjour Djoko (Charly), et merci de prendre le temps de répondre à mes lecteurs ! Avant qu’on commence, peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours ?

Je m’appelle Charly Guillard, connu sous le pseudo de Djoko. J’étais anciennement joueur chez Vitality en tant que jungler (poste spécifique d’un joueur dans une partie) au LCS (League of legend Championship Series) . Cela fait maintenant plus de 2 ans que je suis professionnel. Je suis passé par pas mal d’équipes françaises. J’ai commencé par une petite équipe qui s’appelait «Imaginary Gaming». Mais celle-ci n’a pas duré longtemps.

Suite à ça, j’ai été approché par Millenium. On s’est bien entendu. Je suis resté plus d’un an chez eux. C’est l’équipe avec qui je suis resté le plus longtemps. J’ai beaucoup de souvenirs et d’émotions quand j’y repense. En plus, Hanssama qui était mon coéquipier à cette époque, joue aux championnats du monde.

Après ça, on a raté la qualification au LCS 2 fois. J’ai donc décidé de faire chemin à part. J’ai eu la proposition de partir au LCS avec Vitality. Et j’ai fais ma première année au LCS avec eux, je viens juste de finir d’ailleurs. Et là, je vais me lancer sur ma deuxième année avec une autre équipe. (Vodafone Giants )

Comment tu en es arrivé à te dire un jour, « je vais devenir joueur professionnel » ? Qu’est ce qui t’a poussé et te pousse à faire ça ?

Je ne me suis pas vraiment posé la question. J’ai commencé à jouer à League of Legends à 13 ans. J’étais Bronze en saison 1, le niveau le plus bas. J’ai vite progressé. Parce qu’il s’est avéré que j’avais un talent sur les jeux. Il s’est avéré que j’avais un talent, c’est à dire que sur n’importe quel jeu j’arrive à y jouer correctement. J’ai cette grande envie au fond de moi et depuis tout petit d’être le meilleur sur n’importe quel jeu. Et c’est cet état d’esprit qui m’a aidé dans mon parcours.

À la base je ne voulais pas jouer avec des équipes en France. Pourquoi ? Parce que toutes les équipes que j’avais faite étaient dissoutes au bout de 1 semaine et demi. Cela s’explique notamment par le fait que parler la même langue facilite les insultes. Je voulais une barrière. Donc très petit je suis parti sur la scène européenne, avec une équipe qui était composée de 4 Allemands et de moi le seul Français. J’avais beaucoup de difficultés parce que je ne comprenais pas l’anglais. C’était dur. Le premier tournoi auquel j’ai participé, c’était celui de la Coke league, aujourd’hui on appelle ça les challengers series. 

Puis Myw, un mec un peu connu sur la  scène européenne avait décidé de créer une équipe appelée les « Frères du Purgatoire ». Il m’a proposé de faire parti de l’aventure. J’ai dis oui, pourquoi pas, on va tenter l’expérience. Pour la petite anecdote, j’ai accepté l’expérience suite à un pari. j’avais 16 ans, et les potes de mon frère qui avaient 6 ans de plus que moi me disaient :

« Tu es challenger. Pourquoi tu ne fais pas les tournois en France ? »

Je leur avais dit pour plaisanter que si j’y allais, je gagnerai, et on a lancé le pari.

C’était au final une équipe inattendue. Il y avait déjà l’a priori sur Sardoche, qui était un streamer (joueur qui diffuse ses parties en direct). Il ne pouvait pas selon les avis se lancer dans la compétition. Tout le monde nous critiquait. Mais malgré ça, on a enchaîné les victoires et on a commencé à se faire connaître et reconnaître dans le monde de l’esport lors de mon premier tournoi en France. Et pour le coup, j’avais gagné mon pari. C’est à ce moment-là que je me suis dis peut-être que je devrais devenir joueur professionnel.

Tu peux nous parler de l’esprit de compétition ?

C’est beaucoup de travail sur soi-même. Parce qu’on peut non seulement maîtriser son corps mais aussi maîtriser son cerveau.  De telle sorte que si tu veux te donner vraiment à fond dans quelque chose, malgré que tu sois fatigué, que t’ai mal à la tête, tu vas quand même le faire. Tu vas quand même essayer de t’améliorer. Pour moi mon cerveau il lui faut une carotte, quelque chose qui me motive. En général c’est d’être le plus fort. Ensuite je vais passer des heures et des heures dans le jeu. Et je vais faire beaucoup de théories dans ma tête. C’est-à-dire par exemple qu’avant de dormir je pense au jeu. J’essaye de m’imprégner du jeu pour ne faire plus qu’un avec lui. De répéter tellement de fois une action que c’est comme si je prenais un petit-déjeuner. Il faut réussir à trouver le rythme parfait pour pouvoir s’entraîner efficacement, et cela, tous les jours.

Je trouve que League of legends, c’est un jeu où si une personne est vraiment motivée et si elle veut vraiment progresser et qu’elle se donne à fond, en jouant à des heures régulières elle deviendra forte. Je pense que tout le monde peut devenir fort. Si tu t’obstines à y consacrer beaucoup de temps tu peux y arriver.

Quel a été le rôle de ton mental ?

J’étais bronze, j’étais très mauvais. Et tous les jours je ne faisais que jouer à fond. Je ne faisais que ça, puisque je n’avais pas vraiment de vie sociale. J’avais que ça dans ma vie donc je me suis dit que j’allais au moins essayer de faire ça bien. Mais je ne me suis pas dit que j’allais me reconvertir en joueur professionnel sur League of legends à ce moment-là.

J’étais vraiment nul. Je pensais tout le temps au jeu. Je repensais à des actions que je faisais,  j’imaginais scénarios sur scénarios dans ma tête, en allant au bus dès le matin, pendant les cours, et même quand je mangeais. J’essaye d’y penser le plus souvent possible. Mais tout en restant  dans cet état d’esprit de productivité. Il ne  faut pas non plus faire une overdose, et que le jeu te saoule.

Il faut savoir gérer ton mental pendant une défaite, et ça, c’est super dur. Surtout dans des matchs en 3 manches comme il y a au LCS. C’est-à-dire que lorsque il y a une manche gagnée dans chaque équipe, celui qui remporte le jeu suivant gagne. Tu as donc beaucoup de pression à ce moment-là. Tu stresses aussi durant toute l’année parce que tu peux te faire reléguer et sortir des LCS.

Le mental en jouant à League of legends est vraiment très important. Même pour les jeux en général dans l’e-sport c’est très important, parce que de base si tu es nul et que tu as le mental, tu vas jamais t’arrêter de progresser.  Sauf si tu as un niveau qui te satisfait évidemment. Mais en général en tant que compétiteur, tu n’arrêtes jamais de jouer à fond. Tu tryhard (se donner à fond, jouer le plus souvent et sérieusement possible ) comme on dit !

Comment travailles-tu justement ce mental ?

La suite dans la partie 2.

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Jérémie Villalobo

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